Mercredi 4 novembre 2009
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SUITE A LA DECOUVERTE DE TAHITI ET DE LA CULTURE POLYNESIENNE AVEC MAMMAMIATOURSTAHITI4X4
Un marae en Polynésie française désigne
spécifiquement une plate-forme construite en pierres volcanique ou en corail, où se déroulait l'ancien culte polynésien, associé souvent à des cérémonies culturelles, sociales et
politiques.
C'est l'espace culturel, social et politique de la société polynésienne pré-européenne. De tailles variables, il existe une hiérarchie des marae. Certains, de taille modeste, concentrent les célébrations locales d'un clan ou d'une famille. D'autres comme
le marae de Taputapuātea situé à Ōpoa sur l'île de Raiatea, rassemblaient les chefs des îles de plusieurs archipels pour y parler des questions sociales importantes, y célébrer les
dieux ou introniser un roi. Son influence s'étendait autrefois sur tout le triangle polynésien et il était considéré comme l'unique marae
international.
L'ahu est la composante principale du marae. Il est composé d'une partie rectangulaire, souvent dallée, surmontée à l'une des extrémités d'un autel. Sur cet
ensemble se dressent les unus, sculptures à formes humaines ou animales servant de réceptacles pour l'esprit d'un dieu ou d'un ancêtre. Le tiki, sculpture de basalte posée à l'entrée du marae, relève de la même fonction.
Le marae est un lieu de culte, un espace sacré qui relie les hommes et les dieux. Il reçoit les offrandes faites aux dieux, sous forme de portions prélevées sur la
pêche, les récoltes, et dans certaines îles et à certaines époques, des sacrifices humains y sont pratiqués. Des cérémonies y ont lieu, notamment pour obtenir la bénédiction des dieux afin
d'avoir de bonnes pêches, de bonnes récoltes, ou leur soutient dans la guerre.
Le marae joue un rôle
essentiel dans la définition de la propriété foncière dans l'ancienne culture polynésienne. Il est attaché à une lignée, et profondément lié aux noms héréditaires de la famille possédant la terre
où il est érigé. Les généalogies sont transmises oralement et confidentiellement à travers les générations, et sont révélés lors des litiges fonciers afin de confondre les usurpateurs incapables
de fournir leurs titres. Une atteinte à la propriété devenait ainsi une offense faite au marae et aux dieux, et appelait la mort pour châtiment.
En complément du marae, des pierres servaient de bornage des limites de la propriété foncière. Elles étaient de même revêtues d'un caractère sacré profondément ancré
dans la superstition de la population, car leur déplacement condamnait à une mort certaine par magie. Du caractère sacré de la propriété foncière, découlait l'inaliénabilité de la propriété
familliale.
Lorsqu'un individus d'une
caste supérieure quittait sa famille pour fonder une nouvelle lignée, il emportait avec lui une pierre de son marae familiale jusqu'à sa nouvelle terre. Le rite de fondation d'un nouveau marae
symbolisait la création du titre de propriété, de la famille propriétaire et de son pouvoir politique. La pierre de fondation 'ofai faoa était enterrée avec le corps d'un homme sacrifié dont
l'esprit devenait le gardien du marae, puis le marae était construit par-dessus et ses pierres consacrées
.
Il semble qu'en prenant une pierre de son marae natal, le fondateur
d'une nouvelle lignée abandonnait ses droits sur son patrimoine familiale, mais en en érigeant un nouveau, il proclamait sa nouvelle propriété. Il changeait aussi de nom, celui-ci devenant le nom
fondateur de la lignée
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Par jambodany
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Publié dans : POLYNESIE FRANCAISE
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