En 1953, Julius Nyerere, un enseignant né en 1922, passé par l'université de Makerere en Ouganda puis Édimbourg au début des années 1950 pour terminer ses études, prend à 31 ans la tête de la TAA (Tanganyika African Association), qu’il transforme rapidement en un véritable parti politique – le Tanganyika African National Union (TANU) – qui prône l’indépendance. Celle-ci est accordée par la Royaume-Uni le 9 décembre 1961, sans aucune violence. Julius Nyerere est un court temps premier ministre, puis à la suite des élections de décembre 1962, devient le premier président de la République du Tanganyika.
Le 26 avril 1964, le Tanganyika et Zanzibar fusionnent pour former la République Unie de Tanzanie. Nyerere devient le président de l’État nouvellement créé, tandis que Abeid Karume, restant président de Zanzibar, devient le vice-président de la Tanzanie. Dans les faits, même si l’union est bien célébrée avec le reste du pays, Zanzibar a conservé jusqu'à aujourd’hui une large autonomie. En pratique, c’est le gouvernement central tanzanien qui s’occupe des domaines « nationaux » de la politique à Zanzibar : Défense, Intérieur, Affaires étrangères, tandis que le gouvernement local zanzibarite traite des sujets comme l’éducation ou l’économie.
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Le Président de la République, qui est aussi le Chef de l'État,
est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans. Celui-ci nomme le Premier
ministre, qui représente le gouvernement devant le Parlement, et les ministres parmi les membres du Parlement ou
parmi dix personnes non élues.
Le Parlement, monocaméral et comptant 274 sièges, adopte les lois s'appliquant à la totalité de la République ou uniquement aux 21 régions continentales (île de Mafia comprise), les cinq régions formant le Gouvernement révolutionnaire de Zanzibar pouvant adopter certaines lois spécifiques car disposant de son propre Parlement. Les parlementaires sont élus au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans.
Le pouvoir judiciaire est sensiblement plus compliqué car disposant de cinq niveaux combinant les institutions tribales, islamiques et de la Common law : tribunaux de première instance, tribunaux de districts, Cour Magistrale, Haute Cour et enfin Cour d’Appel.
La récente création de la Tanzanie par l'union de deux pays tend constamment à le déstabiliser mais la démocratie est préservée grâce à l'héritage de son premier Président, le charismatique Julius Nyerere, qui est resté trente ans au pouvoir sans installer de régime autoritaire ou dictatorial. Cette stabilité a permis par exemple l'installation du Tribunal pénal international pour le Rwanda à Arusha, chargé de juger les criminels de guerre lors du génocide rwandais de 1994.
A suivre...
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