Ce petit archipel des Antilles, dans la mer des Caraïbes, se trouve à environ 6 200 km de la France métropolitaine, à 600 km au nord des côtes de l'Amérique du Sud, à 700 km à l'est de la République dominicaine et à 2 200 km au sud-est des États-Unis.
Autrefois appelée Calaou çaera, puis Karukera « île aux belles eaux », la Guadeloupe tient son nom actuel du Monastère royal de Santa María, situé dans la ville espagnole de Guadalupe, dans la province de Cáceres en Estrémadure, dont la statue de la Vierge (la « Virgen de Guadalupe »), était vénérée par Christophe Colomb qui vint la remercier pour son aide lors de la découverte du « Nouveau monde ».
Le département de la Guadeloupe est un archipel de 1 628 km² qui comprend une multitude d'îlots et six îles habitées, dont les deux principales sont :
Selon les connaissances actuelles, les Arawaks venus du Vénézuela, dans le bassin de l'Orénoque, furent les premiers à avoir occupé la Guadeloupe. Cette population pacifique de pêcheurs a
vu arriver à partir du IXe siècle des indiens Caraïbes, un peuple guerrier pratiquant le cannibalisme. Ces Indiens baptisèrent l'île, "Karukera" (l’île aux belles eaux), et occupèrent les lieux jusqu'à la fin du XVe siècle, c'est-à-dire jusqu'à l'arrivée des premiers européens.
L'histoire moderne de la Guadeloupe commence en novembre 1493, lorsque Christophe Colomb arrive sur l'île de la Basse-Terre lors de son deuxième voyage. Il la nomme Santa Maria de Guadalupe de Estremadura en hommage à un monastère espagnol. À l'époque, la Guadeloupe est peuplée par les Caraïbes, peuple amérindien présent sur l'île depuis le VIIIe siècle. Elle était habitée auparavant par les Arawaks, qui selon une thèse aujourd'hui sujette à controverse, furent massacrés à l'arrivée des indiens Caraïbes, en dehors des femmes qui transmirent leur langue.
À partir de 1635, Charles Liènard de l'Olive et Jean du Plessis d'Ossonville en prennent possession au nom de la Compagnie française des îles de l'Amérique. C'est le début de la colonisation de l'archipel.
En 1671, la Guadeloupe est encore habitée par de nombreux petits colons blancs qui cultivent du tabac, sur des plantations nécessitant peu de capitaux, dans le cadre de la Compagnie des Indes occidentales, dissoute en 1674. L'archipel guadeloupéen et la Martinique passent alors
sous l'autorité directe du roi de France Louis XIV, qui décida alors de développer la culture
de la canne à sucre, plus onéreuse mais beaucoup plus rentable, en donnant des terres à des officiers supérieurs et en les encourageant à y importer des esclaves. Après 1671, le nombre de
planteurs blancs diminue rapidement et en 1674, la création de la ferme du tabac entraîne leur ruine
rapide. Moins taxé, le tabac produit en Virginie par des planteurs jacobite profite de la contrebande et prend son essor.

![]()
Cette image est dans le domaine public car son copyright a expiré.
Ceci est valable aux États-Unis d’Amérique, en Australie, ainsi que dans l’Union Européenne et dans les pays où le copyright a une durée de vie de 70 ans ou moins après la mort de
l’auteur
L'augmentation rapide de la population d'esclaves correspond aussi à la création en 1673 de la Compagnie du Sénégal, ancêtre de la Compagnie de Guinée, dans le sillage de la Compagnie Royale d'Afrique, fondée en 1672. Dès 1671, le monopole de la Compagnie des Indes occidentales est aboli, pour ouvrir la concurrence à tous les ports français, dans la traite négrière, dont le développement massif, par des français et des anglais, fait flamber le prix des esclaves mais abaisse le coût de leur transport et satisfait les planteurs de sucre.
Dès 1700, la population d'esclaves, qui avait avait fortement reculé en Guadeloupe entre 1664 et 1671 (passant de 6 323 à 4 627 personnes) est remontée à 6 076 personnes. Cet essor de l'esclavage est cependant moins rapide qu'à la Martinique, à qui la traite négrière réserve les esclaves les plus résistants, où Louis XIV a installé plus de nobles de rang élevé et où la population noire double entre 1673 et 1680.[2]. Cette différence explique aussi qu'un siècle plus tard, en 1794, Victor Hugues ait pû se rendre maître de la Guadeloupe pour le compte de la Révolution française alors que la Martinique est restée sous la domination des grands planteurs de sucre alliés aux anglais dans le cadre du Traité de Whitehall.
Commentaires Récents